Histoire de la Boxe Française

Aujourd’hui la FFSBF (fédération française de savate boxe française) compte plus de 50000 licencies. Cependant bien que dans ces dernières années ce sport de combat, unique sport de combat pieds-poings crée en Europe, connaisse un nouvel essor avec notamment la redécouverte par le cinéma et son inscription en 2015 à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français, il a bien failli disparaitre au cours du XXème siècle. En effet depuis son origine lointaine au XIXème siècle jusqu’à nos jours cette discipline a connu de nombreuses vicissitudes.

Bien que les sports de combat existent depuis toujours, preuve en est leur présence dès les premiers jeux Olympiques en Grèce, ce ne sera que bien plus tard, au début du XIXème siècle que la savate (ou savatte selon l’orthographe de l’époque) connaitra son premier développement. La naissance de cette discipline qui a lieu dans les années 20 du XIXème siècle e doit sa première codification au maitre d’armes Michel Casseux, est due principalement à trois facteurs déchaînants.

D’une part le besoin de mettre en valeur sa propre forme physique qui à cette époque commence à prendre de l’importance et pousse les jeunes hommes à dédier part de leur temps aux sports et aux disciplines de combat.
D’un autre coté s’affirme la nécessité de modifier les règles des duels qui malgré tout sont encore largement pratiqués en France durant cette période. Duels à l’épée qui souvent portent à la mort d’un des adversaires.
Mais le premier et sans doute principal motif de l’apparition de la savate en France est l’insécurité qui règne dans Paris. Les temps sont plutôt durs dans la capitale, les rues sont particulièrement dangereuses et le besoin de se défendre pour le parisien passe souvent par des luttes sans aucunes règlementations, avec les seules armes disponibles : pieds, poings et parfois la canne. Et c’est justement à partir principalement des luttes de bandits et paysans que Michel Casseux va règlementer en 1820 la Savate. En 1825 il ouvre la première salle officielle de ce sport. En tant que maitre d’armes il y enseigne également l’escrime et c’est la raison pour laquelle, aujourd’hui encore, le vocabulaire de la boxe française savate est très fortement inspiré de celui de l’escrime.

Nous sommes donc passés des combats de rues aux entrainements dans les arrières salles des cafés pour avoir enfin de véritables salles de sport dans lesquelles s’entrainer à cette nouvelle discipline. Nouvelle discipline qui consiste essentiellement à frapper le corps ou le visage de l’adversaire avec les mains, ou bien les jambes et le corps avec les pieds. Au sein de ces salles les sportifs utilisent des protections aussi bien aux mains qu’aux pieds afin d’éviter de blesser l’adversaire. La Savate est née reste encore à lui donner ses Lettres de Noblesse.
Et qui mieux que la Boxe anglaise, le noble art, aurait pu venir anoblir, le combat français ? C’est en effet Charles Lecour après avoir assisté à une rencontre de boxe anglaise, qui apportera en 1838 à la savate la technique des coups de poings propre à la boxe anglaise c’est-à-dire uppercut, swing, crochet et direct. La boxe française vient de naitre et les « tireurs » vont vite se multiplier.

Mais en 1856 et pour 4 ans, l’impératrice Eugenie de Montijo provoque un coup d’arrêt au développement de la boxe française en interdisant tous les sports de combat. Fort heureusement l’ex Militaire Joseph Charlemont donnera dès la fin de l’interdiction un nouvel essor à la discipline et la transformera tout d’abord en une sorte de gymnastique codifiée qui ne prévoit pas de touches. Cette nouvelle codification entraine une part de la bourgeoisie et de la noblesse parisienne vers ce sport. Ensuite son fils, Charles Charlemont reportera la boxe française vers la compétitivité et la rendra « le meilleur sport de combat ». Il le fera en organisant le combat du siècle : boxe française contre boxe anglaise ; Charles Charlemont contre Jerry Driscoll. Le combat sera interdit par les autorités mais se déroulera tout de même devant trois cents personnes et même si le point de la victoire fut pour le moins litigieux (sans doute un coup de pied interdit au bas ventre), il consacra la boxe française au niveau international.

Au début du XXème siècle c’est un sport connu et reconnu, un art martial étudié et enseigné. Les brigades du tigre (c’est-à-dire la Brigade judiciaire de Clemenceau) s’y entrainent. Tant et si bien que même la série télévisée réalisée dans les années 1970 sur les brigades mettra en scène plusieurs fois des combats de savate boxe française.
Malheureusement la première guerre et ensuite la seconde guerre mondiale couperont dans son élan la boxe française. Au lendemain de la première guerre mondiale seules quelques salles ont survécu et commencent à disparaitre peu à peu. A la veille de la seconde guerre, en 1937, se déroule le dernier championnat de France. C’est la période noire, la plus triste de l’histoire de ce sport qui malgré tout survit, parfois grâce à des salles à l’étranger (en particulier à Milan, Italie). Mais il faudra attendre 1966 et l’action d’une poignée de passionnés pour en voir la véritable renaissance

Depuis la boxe française voit le nombre de ses licencies augmenter constamment à travers le monde. En 1970 les premiers championnats d’Europe. La boxe française se développe en Europe tout d’abord, ensuite dans les pays francophones à travers le monde et enfin vers le monde entier.

Aujourd’hui entre autres grâce à des films comme « dans les cordes » de M. Richard Serrano, de plus en plus de « demoiselles » ou « tireuses » s’approche à la Savate. Ce sport est de plus en plus connu et nommé dans les médias, les jeux vidéos ou les films.
Ce n’est plus une simple technique de défense ou de combat de rue, il ne s’agit plus de la discipline de l’aristocratie, mais d’un vrai sport pratiqué par milliers d’hommes et femmes à travers le monde, qui ne cesse de progresser et qui semble avoir de bien beaux jours devant lui.