Le Muay Thaï toujours populaire chez les jeunes en Thaïlande, mais les médecins soulèvent des problèmes de santé

Des applaudissements retentissent tandis que deux garçons échangent des coups sur un ring de boxe situé dans la province de Buriram au nord-est de la Thaïlande.

Après s’être imposé sur 5 rounds, le vainqueur est déclaré : Nanthawat Promsod, âgé de 11 ans, mieux connu sous le nom de combat « Super Big Saksandee ».

Il a empoché 3,000 baht (77 euros) pour avoir remporté le combat, et touche 1,500 bahts pour chaque match auquel il participe.

Il fait partie de la dizaine de boxeurs âgés de quinze ans ou moins vivant dans le district de Satuk, où quasiment chaque village possède un camp de boxe.

On dit que le « Muay Thai », est vieux de 2000 ans. Aussi appelé « L’Art des Huit Membres », le Muay Thai fait grand usage des coudes, des mains, des genoux et des pieds.

Bien que le sport national de la Thaïlande soit également de plus en plus populaire à l’étranger, dans ce pays d’Asie du Sud-Est, il peut constituer un moyen de sortir de la pauvreté, étant donné que ceux qui parviennent à gravir les échelons dans ce sport peuvent gagner beaucoup d’argent.

La région rurale du nord-est du pays abrite la plupart des boxeurs célèbres qui ont acquis une renommée internationale, tel que le poids mi-moyen Buakaw Banchamek, sacré deux fois champion du K1-World MAX.

Originaire de la province de Surin, Buakaw, 35 ans, a commencé les combats alors qu’il avait huit ans, et a remporté son premier titre de champion international de kickboxing en 2004 à Tokyo.

Nanthawat veut suivre sa trace.

“Je veux devenir un champion” … “Je serais fier si je gagnais au moins une ceinture de champion” a déclaré Nanthawat, qui a effectué quarante combats durant sa carrière de deux ans et gagné plus de dix combats consécutifs ces derniers mois.

Mais la tendance croissante qu’ont les enfants thaï, y compris des élèves de maternelle, à se mettre au Muay Thai, poussent les médecins et les organismes de défense des droits de l’enfance à avertir le public que ce sport pourrait causer des problèmes de santé chroniques, tels que des troubles neurologiques.

Selon Jiraporn Laothamatas, neuroradiologue et directrice du Centre d’Imagerie Diagnostique Avancée (AIMC) de Thaïlande, une étude qu’elle a menée sur cinq ans démontre des tendances de lésions cérébrales et de pertes de mémoire chez les jeunes combattants par rapport à leurs camarades non boxeurs.

“Il n’y a pas de boxe sans risque, car l’on observe même que les boxeurs adultes qui vieillissent sont disposés à la maladie de Parkinson du fait des lésions cérébrales causées », a rajouté Jiraporn.

Plus de 10,000 combattants de Muay Thai seraient âgés de moins de 15 ans, a déclaré l’Autorité des Sports de Thaïlande (SAT) l’année dernière.
Les experts estiment cependant que ce chiffre pourrait être 20 fois plus élevé car tous les enfants boxeurs ne sont pas déclarés.
Toutefois, certains parents et entraineurs soutiennent que le Muay Thai apprend la discipline aux enfants et qu’il constitue une importante source de revenus.
“Nous mettons de côté l’argent que Nanthawat gagne à travers la boxe », a déclaré son père et entraineur, Ong-arj-Promsod, 36 ans. « Lorsque nous manquons d’argent, je le lui donne comme argent de poche pour l’école ».

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